Protection auditive : Valeurs limites d’exposition au bruit
Cette infographie synthétise l’essentiel des valeurs limites d’exposition au bruit pour concilier sécurité et confort auditif. Pour la comprendre, il faut distinguer deux réalités : le bruit ambiant (à droite) et le bruit réellement perçu par le tympan une fois protégé (à gauche).


Il est important de rappeler que toutes actions de réduction de bruit à la source devra avoir été mené en amont.
Décryptage des seuils selon la Directive Européenne 2003/10/CE et la norme EN 458:2025.
1. L’environnement de travail (NIVEAUX PERÇUS SANS PROTECTEUR) à droite
C’est le niveau sonore de l’atelier, du chantier avant équipement. La réglementation fixe ici des seuils d’action précis :
- Dès 80 dB(A) sur 8 heures : Seuil de vigilance. C’est la « valeur inférieure déclenchant l’action ». L’employeur doit fournir des protections. Le port est conseillé car la fatigue auditive débute et le risque pour l’audition également.
- Dès 85 dB(A) sur 8 heures : Port obligatoire. C’est la « valeur supérieure ». Le risque de lésion est avéré. Le port des protections devient une obligation légale stricte.
- Bruits impulsionnels (Crêtes) : Attention aux bruits soudains (chocs, détonations). Si un pic dépasse 135 dB(C) ou pire 137 dB(C), le danger est immédiat pour l’oreille, la protection devient obligatoire.
2. La réalité pour votre oreille protégée (NIVEAUX PERÇUS AVEC PROTECTEUR) à gauche
Une fois le protecteur (bouchon ou casque) en place, quel est le volume résiduel qui atteint votre tympan ? La norme définit plusieurs zones de confort et de sécurité :
- La Zone Verte (70 à 80 dB(A)) : L’IDÉAL. C’est la cible à atteindre. La norme considère cette plage comme « convenable ». Le porteur est parfaitement protégé contre la surdité tout en restant connecté à son environnement. La norme EN458:2025 recommande plus précisément la fourchette 70-75 dB pour minimiser encore davantage le risque.
- La Zone Jaune (65 à 70 dB(A)) : L’ACCEPTABLE. C’est une zone tampon, une zone de sécurité. Le porteur est bien protégé du bruit, mais attention : il commence à être isolé. Il faut redoubler de vigilance vis-à-vis des signaux d’alarme.
- La Zone Orange (< 65 dB(A)) : LA SURPROTECTION. Contrairement aux idées reçues, « plus ça atténue, mieux c’est » est faux. Si le niveau perçu descend trop bas (sous le seuil recommandé de 70 dB(A)), on parle de surprotection. Les risques associés sont réels :
- Isolement : Sensation d’être coupé du monde.
- Sécurité : Difficulté à entendre les engins, les alarmes ou une consigne.
- Rejet : Pour communiquer l’utilisateur risque de retirer sa protection et de s’exposer brutalement au danger.
- La Zone Rouge (> 87 dB(A)) : L’INTERDIT. C’est la « Valeur Limite d’Exposition » appelée aussi VLE. Si, même avec des protections auditives, le bruit perçu dépasse 87 dB(A), l’exposition est illégale et dangereuse. Le matériel est inadapté, mal porté ou le niveau sonore dépasse les limites des protecteurs les plus atténuateurs. Il conviendra alors de tenter de réduire davantage le bruit à la source ou de limiter l’exposition du salarié.
Conclusion
Bien se protéger, ce n’est pas se boucher les oreilles au maximum. C’est choisir l’équipement qui ramène le niveau sonore dans la zone verte (70-80 dB). L’objectif est de filtrer le danger, pas la perception.
Source
DIRECTIVE 2003/10/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques (bruit)
NF EN 458 – avril 2016 – Protecteurs individuels contre le bruit – Recommandations relatives à la sélection, à l’utilisation, aux précautions d’emploi et à l’entretien – Document guide – AFNOR (la nouvelle norme EN458 n’est pas encore disponible en France)
Aller plus loin
Consultez les articles sur la Directive 2003/10/CE et la norme EN458


